À quatre courses du terme, le temps commence à presser pour certains et à jouer en faveur des autres. Sur un Circuit of the Americas exigeant pour les pneus, où plusieurs équipes ont profité de l’été pour tester, les cartes pourraient être rebattues.
Le tracé texan est aussi réputé pour offrir des courses serrées. L’an passé, l’écart à l’arrivée entre les deux premiers en LMGT3 n’était que de 0.256, le plus faible jamais enregistré en WEC toutes catégories confondues.
Entre gestion des pneumatiques, chaleur texane et lutte pour les championnats, voici les sept questions qui accompagneront le Lone Star Le Mans 2026.
Ferrari peut-il encore s’offrir le droit de rêver ?

Pour Ferrari, tenant des titres, la saison 2026 commence à réclamer autre chose que des podiums et des places d’honneur. D’autant que le nouveau calendrier ne laisse plus autant de place aux renversements.
Les 1812 km du Qatar et les 8 Heures de Bahreïn ont cédé la place à des courses de six heures, où une victoire rapporte 25 points et non 38. Chaque occasion perdue devient un peu plus difficile à récupérer, la firme italienne possédant respectivement 44 et 39 longueurs de retard sur Toyota et BMW.
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Austin tombe plutôt bien. Ferrari s’y est toujours montré à son aise : une victoire et surtout deux pole positions en autant d’éditions disputées avec la 499P. L’Hypercar italienne connaît le chemin vers la première ligne, un peu moins celui menant à la victory lane.
À COTA, Ferrari ne cherchera pas seulement à renouer avec la victoire, mais bel et bien à garder en vie ses chances de sacre.
Toyota brisera-t-il enfin la malédiction texane ?

Huit courses à Austin, aucune victoire. COTA est l’un des quatre circuits visités par le WEC depuis 2012 qui résistent encore au constructeur japonais.
Après un São Paulo difficile, Toyota a profité de l’été notamment pour venir travailler au Texas.
« C’était particulièrement intéressant d’y effectuer ces essais, d’autant que notre voiture a évolué depuis la course de l’an dernier, se félicite Brendon Hartley. J’espère que cela nous donnera une longueur d’avance utile en matière de réglages et de pneumatiques. »
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Sébastien Buemi en attend désormais la traduction en piste : « Nous allons tout donner pour nous battre devant et, je l’espère, retrouver le podium. »
Pour Toyota, il serait de bon ton de gagner à Austin, au risque de perdre l’avantage sur BMW aux championnats Pilotes et Constructeurs.
BMW peut-il prendre les commandes du championnat ?

Trois podiums dont deux victoires, un doublé et une deuxième place aux 24 Heures du Mans, en l’espace de trois courses, BMW a changé de dimension. À tel point qu’au classement constructeurs, la firme munichoise ne compte que cinq points de retard sur Toyota.
Côté Pilotes, la paire René Rast – Robin Frijns est à égalité avec le trio Mike Conway – Kamui Kobayashi – Nyck de Vries. Elle a même l’avantage grâce à sa deuxième place acquise en Sarthe.
La marque allemande arrive ainsi au Texas avec le plein de confiance et la ferme intention de reprendre les rênes du championnat Constructeurs que Toyota lui a chipées aux 24 Heures du Mans.
C’est peut-être là que se situe le prochain examen. BMW M Team WRT a prouvé qu’il savait gagner. À COTA, l’alliance germano-belge doit montrer qu’elle sait gérer et maximiser ses chances même si la victoire est hors de portée.
Il y a un titre mondial à aller chercher. Le dernier remonte à 2007 (FIA WTCC). C’était il y a 19 ans et Team WRT n’était même pas née.
Ben Keating, enfin chez lui ?

Certaines victoires comptent plus que d’autres. Ben Keating en possède suffisamment pour le savoir. Il lui en manque pourtant une, et sans doute pas la plus anodine : celle acquise sur ses terres.
À Austin, le Texan joue à domicile. Il vient de Houston et connaît mieux que beaucoup ce que représente ce rendez-vous dans un championnat dont il est devenu l’un des visages familiers.
Ce week-end va d’ailleurs ajouter une ligne particulière à son histoire. Avec une 45e apparition en WEC, Keating deviendra le pilote américain comptant le plus de départs dans le championnat.
Mais il reste encore une petite case vide. À COTA, devant les siens, Keating tentera une nouvelle fois de la cocher… et de faire par la même un pas supplémentaire vers le titre. Malgré une avance de 27 longueurs, dimanche, l’Américain ne calculera pas.
Genesis est-il prêt pour le podium ?

La GMR-001 n’a que quatre courses derrière elle, mais elle s’est déjà faite remarquer. Deux voitures en Hyperpole 2 au Mans, à trois dixièmes seulement de la pole à São Paulo : la vitesse n’est plus vraiment une interrogation. La constance, davantage.
« Nous sommes encore une équipe très jeune par rapport à celles auxquelles nous sommes confrontés, reconnaît le team principal Cyril Abiteboul. Mais nous avons montré que nous étions capables de rivaliser avec elles, ce qui représente déjà une belle avancée après seulement quatre courses ».
« Cela dit, si nous avons fait preuve d’une grande fiabilité et affiché de solides performances, nous devons désormais parvenir à réunir tous ces éléments de manière plus régulière pour être performants sur l’ensemble d’un week-end ».
Deux journées d’essais à COTA ont permis de préparer le rendez-vous texan. Au vu des températures attendues l’ingénieur en chef Justin Taylor identifie déjà le point sensible : préserver les pneus suffisamment longtemps pour envisager un relais complet, voire un double relais.
Genesis apprend encore les détails qui font gagner en WEC. Un podium dimanche relèverait de l’exploit.
Alpine, une dernière victoire pour l’A424 ?

Quatre courses. C’est ce qu’il reste à Alpine pour offrir une deuxième victoire à l’A424. Une auto qui n’a plus terminé dans le tiercé de tête depuis sa victoire aux 6 Heures de Fuji l’an dernier.
Le paradoxe caractérise sa saison car la performance existe. Par moments, suffisamment pour regarder les meilleurs droit dans les yeux. Mais pas assez longtemps pour que ce soit le cas lors du relais final, quand cela compte.
« La priorité est maintenant de transformer ce potentiel en résultats », explique le team principal Philippe Sinault.
COTA ouvre ainsi une courte dernière ligne droite. Quatre occasions de concrétiser avant de voir l’histoire sportive de l’A424 se refermer. La belle bleue mérite mieux que ça…
Cadillac finira-t-il par concrétiser ?

Depuis le début de l’année, Cadillac donne l’impression de posséder la voiture à abattre, la référence chronométrique du plateau. Et pourtant, quelque chose manque toujours pour aller décrocher la victoire.
São Paulo en a peut-être été la preuve la plus flagrante. Le rythme était là, mais les erreurs aussi. À ce niveau, quelques secondes suffisent à changer la physionomie d’une course et BMW et Ferrari ont su en profiter.
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« Nous avons montré beaucoup de rythme depuis le début de la saison, notamment avec deux bons résultats au Brésil, confirme Sébastien Bourdais. L’objectif est maintenant de poursuivre sur cette dynamique et d’obtenir d’autres grands résultats pour l’équipe. »
Cadillac n’a plus grand-chose à démontrer, tant sur un tour lancé que sur la durée. Son aisance est telle que la BoP s’en est forcément occupée. Ce ne sont pas des dixièmes qui lui manquent, mais bien des résultats. Une saison dans victoire serait vécue comme un échec cuisant. Y remédier à domicile ne rendrait l’histoire que plus belle.