L’été est propice aux transferts et l’endurance ne déroge pas à la règle. Plusieurs mouvements sont ainsi à attendre en vue de la saison 2027, notamment chez Cadillac Team Jota, où deux baquets devraient se libérer.
Deux places particulièrement convoitées. Car au-delà des résultats bruts, les V-Series.R comptent cette saison parmi les Hypercars les plus en vue, tant en qualifications qu’en course. La LMDh américaine peut s’appuyer sur une évolution 2026 particulièrement efficace, mais également sur des équipages de premier plan.
Alors pourquoi Cadillac Team Jota s’apprête-t-il à renouveler une partie de ses troupes ? Et surtout, qui pour prendre la relève ? The Stint a tenté d’en savoir plus.
Lynn et Bourdais vers la sortie
Sans surprise, Alex Lynn ne sera plus de la partie l’an prochain. Le Britannique, auteur de trois pole positions l’an passé, n’a d’ailleurs pas disputé la moindre course cette année en raison d’une opération au niveau du cou retardée à plusieurs reprises.
Attendu chez McLaren, Lynn ne devrait donc pas poursuivre l’aventure avec la formation du Kent. Il quitterait ainsi Cadillac, dont il défend les intérêts depuis 2023, d’abord sous les couleurs de Ganassi pendant deux saisons, puis avec Jota Sport.
Vainqueur de l’édition 2020 des 24 Heures du Mans en GTE Pro avec Aston Martin, Alex Lynn est associé à la majorité des grands résultats de la V-Series.R en WEC. La LMDh américaine lui doit notamment son premier podium, au Mans en 2023, sa première pole position, à Fuji en 2024, puis sa première victoire, à São Paulo en 2025.

Le second partant est Sébastien Bourdais. Davantage que ses performances, c’est son âge – 47 ans – qui jouerait en sa défaveur. Toujours affûté, le Sarthois n’a pas à rougir de la comparaison avec des équipiers qui disposent d’un temps de roulage largement supérieur au sien grâce à leurs engagements en IMSA et en WEC.
Cadillac Team Jota aurait néanmoins décidé de ne pas le prolonger au-delà de la campagne en cours. Pour rappel, le Sarthois défend lui aussi les intérêts de Cadillac depuis 2023, d’abord avec Ganassi en IMSA, puis avec Jota Sport en WEC.
Félix da Costa, des retrouvailles inéluctables
Certains l’attendaient déjà chez Cadillac Team Jota en 2026. Mais l’arrivée annoncée de Mick Schumacher – qui ne s’est finalement pas concrétisée en raison de désaccords concernant son rôle de troisième pilote chez Cadillac F1 – avait contraint António Félix da Costa à revoir ses plans. Le Portugais s’était alors tourné vers Alpine, qui cherchait à se renforcer.
Son contrat avec le constructeur français porte sur deux saisons. Mais le programme A424 s’arrêtant au terme de la campagne en cours, le Portugais se retrouve de nouveau sur le marché. Les retrouvailles envisagées de longue date avec Jota Sport n’auraient donc été repoussées que d’une saison.
Fin 2023, Félix da Costa avait très mal vécu la décision de Porsche de lui interdire de poursuivre l’aventure en WEC au volant de la 963 privée de Jota Sport, afin qu’il se concentre sur la Formule E.

« Ça ne peut pas être la fin de l’aventure, ce n’est pas possible, avait-il alors lâché. Cette équipe, c’est comme ma famille. »
Da Costa a défendu les couleurs de Jota pendant quatre saisons. Troisième du championnat LMP2 en 2019-20 puis en 2021, il avait décroché le titre mondial en 2022 aux côtés de Will Stevens et Roberto González, non sans s’être imposé aux 24 Heures du Mans. Une réussite qui lui avait ouvert les portes de l’Hypercar en 2023, au volant de la première Porsche 963 engagée par une équipe privée en compétition.
Depuis, Jota Sport a changé de dimension en devenant le représentant officiel de Cadillac en Championnat du monde d’Endurance. De quoi offrir à Félix da Costa la possibilité de retrouver une équipe qu’il connaît intimement tout en poursuivant son objectif de victoire au classement général des 24 Heures du Mans.
Trois ans après une séparation que les deux parties n’avaient pas souhaitée, l’histoire reprendrait là où elle s’était arrêtée.
Pourquoi Ricky Taylor plutôt que Louis Delétraz ?
Pour occuper le second baquet laissé vacant, la solution la plus évidente aurait dû mener à Louis Delétraz. Et pour cause, c’est lui qui a été appelé pour remplacer Alex Lynn sur la n°12 aux 6 Heures de Spa-Francorchamps et aux 24 Heures du Mans.
Mais selon nos informations, ses prestations n’auraient pas totalement convaincu les décideurs de Cadillac Team Jota. Si sa copie mancelle n’a pas été la plus aboutie de sa carrière, Delétraz n’en demeure pas moins l’une des références actuelles de l’endurance.

La préférence de Jota Sport – ou peut-être davantage de Cadillac – irait à Ricky Taylor. Un choix qui peut surprendre tant l’Américain a construit l’essentiel de sa carrière outre-Atlantique, dans un championnat IMSA dont les spécificités diffèrent sensiblement de celles du WEC.
Le pedigree sportif du double champion IMSA 2017 et 2020 n’est toutefois plus à démontrer. Maos son éventuelle arrivée s’inscrirait également dans un contexte plus large autour de Cadillac et de General Motors.
Son père, Wayne Taylor, occupe en effet une place de plus en plus importante dans cet écosystème. Wayne Taylor Racing fait partie de TWG Motorsports, groupe dirigé par Dan Towriss qui possède également Andretti Global et Spire Motorsports et qui est surtout partenaire de General Motors dans le projet Cadillac F1.
Cette proximité ne suffit pas, à elle seule, à expliquer le choix de Ricky Taylor. Mais elle constitue un élément de contexte à prendre en compte au moment où Cadillac réfléchit à la composition de ses équipages pour 2027.