24 Heures du Mans

Nos Winners & Losers des 24 Heures du Mans 2026

Ils étaient 350 105 à avoir fait le déplacement jusqu’au Mans pour assister à la 94e édition du double tour d’horloge sarthois. Pendant 24 heures, les rêves des uns ont nourri les désillusions des autres. 

En piste, certains sont repartis avec une montre au poignet, d’autres avec le sentiment d’être passés à côté de quelque chose de grand. Voici nos Winners & Losers des 24 Heures du Mans 2026.

#12 Delétraz / Nato / Stevens – 4e
#38 Aitken / Bamber / Bourdais – Ab
#101 Albuquerque / J. Taylor / R. Taylor – 9e

Au jeu du tour chronométré, la Cadillac a été intouchable ou presque. En course, elle a également toujours fait partie des candidates à la victoire. La n°12 est d’ailleurs la voiture qui a mené le plus de tours (154), tandis que Cadillac est le constructeur le plus souvent apparu au sommet de la hiérarchie avec 184 tours en tête.

Mais dans le money time, il en a manqué à l’Américaine. D’autant que Cadillac ne pouvait plus compter, à ce moment-là, que sur une seule auto contre deux à Toyota, et cela a forcément pesé dans la balance.

La n°38 a renoncé dimanche matin à la suite d’un problème de direction assistée, tandis que la n°101 du Wayne Taylor Racing a écopé de trop nombreuses pénalités pour espérer jouer les premiers rôles.

« C’est décevant, regrette Will Stevens. Au vu du rythme que nous avons affiché, nous méritions au minimum de monter sur le podium. Nous étions arrivés ici avec des ambitions plus élevées que le résultat obtenu. »

Alors oui, Cadillac a brillé. Mais seule la victoire pouvait rassasier le clan américain cette année. Cette quatrième place sera, sans nul doute, difficile à digérer…

Winner – BMW

#15 Magnussen / Marciello / D. Vanthoor – Ab
#20 Frijns / Rast / S. van der Linde – 2e

Alors non, BMW n’a pas gagné. Alors oui, certains membres du BMW M Team WRT ont quitté la Sarthe avec un arrière-goût amer en bouche. Mais peut-il en être autrement lorsque l’on échoue à seulement 10 »6 de la victoire ? À l’arrivée pourtant, les sourires n’étaient pas feints.

« C’est l’une des courses les plus solides que nous ayons jamais réalisées avec la M Hybrid V8, se félicite Vincent Vosse, team principal du BMW M Team WRT. Aucune pénalité, aucun arrêt au stand raté… Nous méritons ce podium. Je ne suis absolument pas déçu de ne pas avoir gagné. Toyota méritait cette victoire, alors félicitations à eux ! »

C’est ce qui s’appelle le fair-play.

Tout comme Cadillac, le constructeur munichois n’a pu compter que sur une seule auto au moment d’attaquer le money time, et cela a compté. Les espoirs de la n°15 se sont envolés après que Dries Vanthoor est entré en contact avec une LMP2 en début de soirée.

Le Mans reste cruel. Mais après plusieurs saisons d’apprentissage, BMW a enfin démontré qu’il possédait tous les ingrédients pour viser la victoire au général dans la Sarthe.

Loser – FERRARI

#50 Fuoco / Molina / N. Nielsen – Ab
#51 Calado / Giovinazzi / Pier Guidi – 5e
#83 Hanson / Kubica / Ye – 7e

Triple tenant du titre, Ferrari n’a cette fois-ci jamais semblé en mesure de dicter sa loi. Le constructeur italien n’est pas parvenu à outrepasser les contraintes imposées par la BoP, tant et si bien que la meilleure des 499P n’a pu faire mieux qu’une cinquième place.

« Nous savions dès le départ qu’il serait très difficile, voire presque impossible, d’être compétitifs, regrette Ferdinando Cannizzo, responsable technique du département Endurance chez Ferrari. Malheureusement, dès les premiers tours, cela est devenu très clair. »

Ajoutez à cela diverses pénalités et erreurs de pilotes – Fuoco et Pier Guidi ⬇️ notamment – et les espoirs de podium n’ont jamais réellement pris forme. Pour couronner le tout, la n°50 a abandonné sur problème électronique le dimanche matin.

« Nous sommes conscients de ne pas avoir réalisé la course parfaite que nous nous étions fixée comme objectif », reconnaît d’ailleurs Antonello Coletta, directeur de Ferrari Endurance et Corse Clienti.

Après trois succès consécutifs, voir Ferrari ne pas terminer sur la boîte constitue forcément l’une des grandes surprises de cette 94e édition. Mais à Maranello, déjà depuis plusieurs mois, les regards sont tournés vers 2027.

Winner – TOYOTA

#7 Conway / Kobayashi / De Vries – 1er
#8 Buemi / Hartley / Hirakawa – 3e

Quelle leçon stratégique. Toyota a remporté une victoire à la Toyota, en faisant usage de toute sa science de la course. Et ce dès la première heure ! Nous y reviendrons…

« L’ensemble de la semaine n’a pas été simple, et la course elle-même n’a pas été un long fleuve tranquille, souligne Kamui Kobayashi. Nous avons subi une crevaison très tôt, ce qui a compliqué notre tâche. Mais Mike, Nyck, nos ingénieurs et notre équipe ont accompli un travail remarquable. »

The Winning Moment! | 24 Hours of Le Mans 2026 | FIA WEC

Qu’est-ce qui a fait la différence entre les deux LMH japonaises ? Une sortie de piste au cours de la neuvième heure de la n°8, mais aussi un drive-through reçu peu après la mi-course puis une intervention destinée à réparer la fixation d’un tambour de frein.

Kobayashi et Mike Conway remportent leur deuxième victoire aux 24 Heures du Mans, Nyck de Vries sa première. Toyota, de son côté, rafle son sixième succès, le premier depuis 2022. De quoi permettre au constructeur japonais d’égaler Bentley au palmarès des 24 Heures du Mans.

Loser – ALPINE

#35 Félix da Costa / Habsburg / Milesi – 6e
#36 Gounon / Makowiecki / Martins – 10e

Pour sa troisième apparition aux 24 Heures du Mans, l’Alpine A424 aurait dû être en mesure de lutter, a minima, pour le podium. Mais si Charles Milesi a signé, en Hyperpole 1, le troisième meilleur chrono absolu de la semaine, la LMDh française n’a jamais été une menace pour les BMW, Cadillac et autres Toyota.

Au final, la n°35 termine en sixième position, quatre rangs devant la n°36. Les deux A424 referment donc leur aventure mancelle sans avoir véritablement pu jouer les premiers rôles.

« Nous pensions que notre package nous permettrait d’être plus régulièrement aux avant-postes, regrette le team principal Philippe Sinault. Nous y sommes parvenus par moments, mais pas de façon constante. À certains moments, nous n’avions tout simplement pas la performance nécessaire. Honnêtement, le rythme imprimé par Cadillac et BMW était impressionnant, chapeau à eux. Ils ont compris quelque chose que nous n’avons pas encore compris. »

La A424 ne gagnera jamais les 24 Heures du Mans. Reste désormais à Signatech à trouver rapidement un nouveau constructeur auquel lier sa destinée pour poursuivre sa quête.

Winner – GENESIS

#17 Derani / Jaubert / Lotterer – Ab
#19 Chatin / Jaminet / Juncadella – 13e

Alors oui, le chemin est encore long. Mais pour sa première apparition aux 24 Heures du Mans, avec une équipe bâtie de toutes pièces et une voiture toute neuve, Genesis a surpris son monde dès le jeudi en hissant ses deux autos en Hyperpole 2.

La GMR-001 a ensuite brillamment animé la course, se montrant supérieure à certaines de ses rivales plus expérimentées. La n°19 a terminé à la 13e place du classement général en dépit de plusieurs petits contretemps. La n°17 a, en revanche, été contrainte à l’abandon après 16 heures de course en raison d’un problème de suspension.

« S’attaquer, après 500 jours de préparation seulement, à la course la plus difficile de la planète, ce n’est pas rien, se satisfaisait à l’arrivée Cyril Abiteboul, team principal du Genesis Magma Racing. Quand, après huit heures de course, tu navigues entre la 4e et la 10e place au gré des arrêts, forcément, tu commences à rêver. Mais il faut aussi rester réaliste et lucide. La voiture a un gros potentiel, à nous de la fiabiliser et de la rendre plus constante. »

Pour un programme lancé il y a moins de deux ans, voir une voiture naviguer aussi régulièrement aux portes du top 5 relevait presque de l’impensable. Avec autant de kilomètres parcourus en condition de course, Genesis Magma Racing a emmagasiné un nombre incalculable d’informations. Rendez-vous est déjà pris en 2027.

Loser – PEUGEOT

#93 Cassidy / Di Resta / Vandoorne – 12e
#94 Duval / Jakobsen / Pourchaire – 11e

Les mots manquent pour qualifier la prestation de Peugeot. Si la 9X8 bénéficie au Mans d’un BoP, sur le papier, moins avantageuse que sur les autres manches du WEC, cela n’explique pas tout. Au jeu de la moyenne des dix meilleurs tours en course, la LMH française concède 3 »2 à la Toyota n°7 !

« Nous avons manqué de performance pure en qualifications, et cela s’est retrouvé en course, regrette le team principal Emmanuel Esnault. Cette édition nous apporte des enseignements précieux pour la suite du développement du projet vers 2027. »

Huitième pour ses débuts en 2023, la 9X8 a terminé 11e en 2024, 2025 et 2026. Les années se suivent et se ressemblent pour Peugeot, dont le programme Hypercar semble désormais suspendu aux promesses du projet 2027. Vivement la « nouvelle » voiture.

Winner – INTER EUROPOL COMPETITON

#43 Dillman / Smiechowski / Yelloly – 1er LMP2
#343 De Gérus / Garg / Müller – 2e LMP2

Remporter une victoire de catégorie est tout aussi gratifiant que de rafler la mise au général. Et les statistiques en disent long sur l’exploit que vient de réaliser Inter Europol Competition : troisième victoire en LMP2 dans la Sarthe en quatre ans, la deuxième consécutive pour le trio Jakub Smiechowski / Tom Dillmann / Nick Yelloly.

C’est la première fois depuis Signatech Alpine en 2019 qu’une écurie parvient à conserver son bien en LMP2 et la première fois depuis 2017 et Jota Sport qu’une écurie signe le doublé dans la catégorie.

« Gagner deux années de suite, quand tu connais tous les paramètres à réunir pour gagner cette course, c’est assez dingue, reconnaît Dillmann. La concurrence était rude, notamment avec la voiture sœur, la n°343, mais aussi avec les n°29 et n°30 (Forestier Racing by Panis et Duqueine Team, Ndlr). Ce matin, avec Nyck, nous nous sommes regardés en nous disant : ce sera la victoire ou l’abandon. La pièce est tombée du bon côté. »

En début d’année, Inter Europol Competition n’était pas loin de convaincre Acura / Honda de lui confier un programme Hypercar. Las, le constructeur japonais a finalement décidé de mettre un terme à son projet ARX-06. Dommage, le cocktail aurait pu être détonnant…

Loser – DUQUEINE TEAM

#30 Pin / Andlauer / Verschoor – Ab (LMP2)

Nous attendions cela depuis 1975 et nous allons devoir encore prendre notre mal en patience. Cinquante et un ans après la victoire en 2.0 Sport du trio 100 % féminin Michèle Mouton / Marianne Hoepfner / Christine Dacremont, nous avons failli voir une femme décrocher un succès de catégorie aux 24 Heures du Mans. Mais les dieux de la course en ont décidé autrement.

« Mener pendant plus de 20 heures avant de la perdre sur une défaillance mécanique à seulement trois heures de l’arrivée… celle-ci fait mal » a reconnu Doriane Pin, qui partageait le volant avec Julien Andlauer et Richard Verschoor.

« Mais au-delà du résultat final, nous retiendrons le travail incroyable accompli par l’équipe, l’excellente voiture dont nous disposions et chacun des tours passés à lutter aux avant-postes. »

Pendant plus de vingt heures, l’Oreca 07 n°30 a entretenu l’espoir d’une page d’histoire. Au total, elle aura passé 181 tours en tête de la catégorie, contre 95 et 49 aux deux voitures d’Inter Europol Competition. Et ce grâce notamment à un Julien Andlauer redoutable. Le Mans, une fois encore, a rappelé qu’elle ne faisait de cadeau à personne.

Winner – TF SPORT

#33 Keating / Edgar / Catsburg – 1er LMGT3

Au vu du niveau de performance affiché par les Corvette en essais, peu avaient misé sur la victoire d’une Z06 GT3.R. Et pour cause : aucun des quatre modèles inscrits n’avait réussi à se hisser en Hyperpole 1. Mais l’écurie TF Sport a joué une partition sans la moindre fausse note pour s’offrir sa quatrième victoire de catégorie aux 24 Heures du Mans.

« Peu importe la qualité de votre voiture ou de votre équipe : on ne peut pas aborder une course de 24 heures en s’attendant à obtenir un bon résultat, a souligné Ben Keating. Il faut simplement faire son travail, et nous avons réalisé une course parfaite… aucune pénalité, aucune erreur. La voiture est restée en très bon état, et c’est exactement ce qu’il faut pour remporter cette épreuve. »

Ben Keating signe sa troisième victoire de classe au Mans, la deuxième avec Corvette et Nicky Catsburg, ainsi que la deuxième avec TF Sport. Jonny Edgar, en revanche, inaugure son palmarès manceau.

Si The Heart of Racing (voir ci-dessous) et Akkodis-ASP ont été ses plus farouches opposants, la Corvette n°33 a mené la catégorie pendant 154 tours sur 336. Et ça, aucune de ses rivales ne peut en dire autant.

Loser – ASTON MARTIN

#007 Gamble / Gunn / Tincknell – 8e
#009 De Angelis / Sorensen / Riberas – 14e
#23 Newell / Barrichello / Adam – 3e LMGT3
#27 James / Robichon / Drudi – Ab

Après qu’Aston Martin THOR a réussi à hisser l’une de ses deux Valkyrie en Hyperpole 2, nous attendions davantage des LMH britanniques en course. Mais si la n°007 a décroché une probante huitième place, la n°009 n’a pas vu l’arrivée, victime de plusieurs soucis d’ordre technique.

« Le rythme affiché par la Valkyrie avec peu de carburant en début de semaine était encourageant, mais aussi quelque peu trompeur, a déclaré Adam Carter, responsable du programme Endurance d’Aston Martin. Notre déficit en vitesse de pointe nous a davantage pénalisés une fois passés en configuration course. »

En LMGT3, en revanche, The Heart of Racing visait clairement la victoire. Malheureusement, la n°27 a renoncé alors qu’elle luttait pour la tête de la catégorie dimanche matin. La n°23 a bien tenté de prendre le relais, mais le trio Gray Newell / Jonny Adam / Dudu Barrichello a finalement dû se contenter de la troisième place.

« Je suis déçu pour la voiture n°27, a ajouté le team principal Ian James. Nous étions en lice pour la victoire jusqu’à ce que nous soyons contraints à l’abandon à cause d’un problème de boîte de vitesses. C’est un sentiment étrange, d’un côté cela fait évidemment mal de l’autre je suis très heureux que l’équipe ait décroché son premier podium aux 24 Heures du Mans. »

Entre les promesses entrevues avec la Valkyrie et la désillusion vécue en LMGT3, Aston Martin quitte la Sarthe avec des sentiments forcément partagés.

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