FIA WEC

Nos Winners & Losers des 6 Heures de Fuji 2026

Fuji 2026 WEC podium

Toyota a transformé une course qui semblait lui échapper en une nouvelle victoire à domicile, tandis qu’Alpine peut légitimement nourrir quelques regrets. Aston Martin n’a pas su concrétiser son potentiel et Ferrari a vécu un dimanche à oublier. Voici nos winners & losers de la manche japonaise du WEC.

Pendant une bonne partie de l’après-midi, l’édition 2026 des 6 Heures de Fuji semblait promise à Alpine, le tenant du titre. Puis est arrivée l’ultime voiture de sécurité, avec son lot de paris stratégiques et un sprint final de 21 minutes qui a tout bouleversé.

Toyota s’est finalement imposé à domicile devant BMW, qui confirme être son adversaire le plus coriace cette année. Certains ont parfaitement su saisir les opportunités qui se sont présentées. D’autres quitteront le Japon en se demandant encore comment un gros résultat a pu leur échapper.

Winner – Toyota

Toyota Racing World Endurance Championship 6 Hours of Fuji Fuji Speedway, Gotemba, Japan 24th to 27th September 2026
© Toyota Racing

« Je n’aurais pas parié sur celle-là », reconnaissait après l’arrivée le directeur technique de Toyota Racing David Floury, pas peu fier du mauvais tour qu’il venait de jouer à la concurrence.

Quand la voiture de sécurité a pris une dernière fois la piste suite à la violente sortie de piste de la McLaren n°58, la TR010 Hybrid n°8 était alors sixième, incapable de suivre le rythme des Alpine et autres Aston Martin. Mais comme à son habitude, la formation nippone y a entrevu une opportunité.

En plus de ne pas changer de pneumatiques, la n°8 a englouti moins d’énergie que ses rivales, David Floury pressentant que l’interruption est amenée à durer.

« Nous sommes ressortis avec 72% d’énergie contre 90% pour une grand partie de nos rivaux (soit un arrêt d’une dizaine de secondes plus court. Ndlr), et c’est ce qui fait la différence entre une sixième place et une première » a déclaré l’ingénieur français après l’arrivée.

The Final Laps of a DRAMATIC Race | 6 Hours of Fuji 2026 | FIA WEC

Ryo Hirakawa a ensuite brillamment résisté jusqu’au drapeau à damier pour s’imposer avec 0″591 d’avance sur un Victor Martins déchaîné (voir ci-dessous).

Il s’agit de la dixième victoire de Toyota en WEC à Fuji, la première depuis 2023. Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Hirakawa prennent les commandes du championnat Pilotes, tandis que Toyota a porté son avance sur BMW à 23 points chez les Constructeurs.

C’est ce que l’on appelle un chef d’oeuvre.

Loser – Alpine

Après avoir monopolisé la première ligne après l’annulation des qualifications, les LMDh françaises ont contrôlé une grande partie des cinq premières heures de course, avec un total de 166 tours menés sur 203 possible. Mais est arrivée la dernière voiture de sécurité et, avec elle, une décision difficile à prendre.

« Elles étaient derrière le safety car dans le mauvais ordre, la 36 devant la 35, soit l’inverse de leurs positions dans la pit lane, nous a expliqué le directeur sportif Nicolas Lapierre. Nous nous sommes posés la question de sacrifier la n°35, ce qui nous aurait permis de probablement gagner avec la n°36. »

© FIA WEC – A. Vincent (DPPI)

« Mais la n°35 aurait terminé hors des points, donc le bilan comptable global aurait été moindre. Du coup, forcément, nous avons perdu du temps en faisant un  »nose-in ». La n°36 bloquée, nous avons également pris la décision de changer deux pneus. »

Martins est ressorti cinquième, s’est frayé un chemin jusqu’à la deuxième place et a finalement échoué à seulement 0″591 d’Hirakawa. La n°35 a terminé quatrième.

Avec 30 points, Alpine signe sa meilleure moisson depuis le début du programme et revient à hauteur de Cadillac au championnat Constructeurs. Mais après une telle domination, subsiste en bouche un arrière-goût amer.

Winner – BMW

« Nous n’avions pas le rythme pour terminer sur le podium, mais nous y sommes quand même parvenus. » Kevin Magnussen pouvait difficilement mieux résumer la course de la BMW n°15.

L’annulation des qualifications a fait payer à BMW son choix de privilégier les longs relais durant les essais libres sans effectuer de simulation de qualifications contrairement à moult de ses rivaux. La n°15 ne s’élançait donc que de la 14e position (trois rangs devant la n°20), loin d’être idéale dans un peloton aussi compact.

BMW WRT Fuji WEC 2026
© FIA WEC – A. Vincent (DPPI)

Mais la M Hybrid V8 s’est montrée particulièrement performante en gestion d’énergie, étant parfois capable de prolonger ses relais de deux ou trois tours. Puis, lorsque la dernière voiture de sécurité lui a offert une opportunité, BMW a tenté sa chance.

Comme la Toyota n°8, la M Hybrid V8 n°15 a conservé ses pneus et privilégié la position en piste. Dries Vanthoor a repris la course en deuxième position et, même si Martins a fini par trouver l’ouverture, la troisième place constituait déjà une sacrée récompense.

La course de la n°20 a été bien différente. Treizième après plusieurs incidents, elle a également vu René Rast et Robin Frijns perdre la tête du championnat Pilotes.

Loser – Aston Martin

Les deux Valkyrie ont évolué aux avant-postes et la #007 a même pris la tête 11 tours durant au cours de la quatrième heure lorsque Tom Gamble est ressorti des stands devant les deux Alpine.

Las, le Britannique a franchi la ligne blanche de la voie d’accès à la Pit Lane et a écopé d’un drive-through, faisant voler en éclats ses chances de podium.

Valkyrie Aston Martin WEC Fuji 2026
© FIA WEC – J. Delfosse (DPPI)

« J’ai commis une petite erreur qui a eu de très lourdes conséquences, reconnaissait-il. Nous avions une voiture incroyable, probablement la plus rapide que nous ayons eue depuis le début du programme. »

La #009 est restée en lice pour le podium, avant que la dernière voiture de sécurité puis un ultime arrêt imparfait ne viennent ruiner le travail accompli. Marco Sørensen a ensuite été impliqué dans un contact avec la Ferrari #51 durant le sprint final.

« Le podium était assuré pour nous, estimait le Danois. Les deux voitures avaient le rythme pour être devant et même se battre pour la victoire. »

La #009 a finalement terminé neuvième et la #007 quatorzième. La performance était là, mais pour le podium, il va encore falloir patienter.

Winner – Team WRT

© FIA WEC – F. Boldoni (DPPI)

Darren Leung et Sean Gelael avaient déjà replacé la BMW M4 GT3 EVO #32 dans la lutte après être partis de la 14e position, mais un dernier arrêt compliqué a repoussé Augusto Farfus au sixième rang avant le restart. Il n’y est pas resté longtemps.

« Augusto a réalisé un relais exceptionnel, passant de la sixième place à la tête, soulignait Vincent Vosse, Team Principal de WRT. C’était incroyable. »

Pour un équipage qui n’avait terminé qu’à une seule reprise dans le quinté de tête cette saison, le soulagement était de taille. « Cette année a vraiment été difficile pour nous, reconnaissait Leung. Voir enfin les choses tourner en notre faveur est incroyable. »

Cinquième, TF Sport et la paire Catsburg – Edgar conserve les rênes des classements généraux LMGT3 avec respectivement 24 et 28 longueurs d’avance sur Heart of Racing (#27) et Racing Team Turkey by TF.

Loser – Genesis

© FIA WEC / J. Delfosse (DPPI)

À une heure de l’arrivée, la GMR-001 #19 occupait encore la cinquième place et semblait en mesure d’obtenir son meilleur résultat. Mais Genesis a finalement quitté le Japon sans le moindre point.

Un dernier arrêt compliqué a d’abord fait perdre plusieurs positions à la #19, avant que la LMDh coréenne ne doive observer un drive-through pour une infraction commise plus de deux heures auparavant. De quoi la repousser au 11e rang. Le team principal Cyril Abiteboul ne contestait pas l’infraction, mais regrettait le délai nécessaire pour rendre la décision. 

Sur la n°17, la formation coréenne a mal géré les pressions de pneus alors que les températures diminuaient, ce qui a entraîné un autre drive-through et une 15e place à l’arrivée.

Les motifs de satisfaction existent cependant. La #19 a démontré qu’elle pouvait se battre aux avant-postes et Genesis vient d’enchaîner un troisième week-end sans le moindre problème de fiabilité.

Winner – FIA WEC

Hirakawa a donc finalement devancé Martins de 0″591, soit le plus faible écart jamais enregistré entre deux constructeurs dans la catégorie reine du WEC. De quoi effacer des tablettes le précédent record : 1 »439 en 2026, déjà à Fuji.

Le LMGT3 n’a pas été beaucoup plus prévisible. McLaren, Porsche, Corvette et BMW ont tous évolué aux avant-postes à différents moments de la course, avant que Farfus ne remonte de la sixième à la première place dans les derniers tours.

© FIA WEC / A. Vincent (DPPI)

Et il y avait du monde pour assister au spectacle : 72 326 spectateurs ont fréquenté Fuji Speedway durant le week-end. Et au vu du nombre de drapeaux Toyota qui claquaient au vent, gageons que la majeure partie est repartie avec le sourir.

Quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur la manière dont un tel niveau de compétition est obtenu, difficile de reprocher quoi que ce soit au spectacle proposé dimanche sur le Fuji Speedway.

Loser – Ferrari

Trois semaines après sa victoire à COTA, Ferrari est arrivé à Fuji avec pour unique mission ou presque de limiter les dégâts. Mais ceux-là ont finalement été considérables.

La 499P n’a, comme c’est le cas depuis 2023, jamais semblé à son aise à Fuji. L’Hypercar italienne est notamment à la peine dans le dernier secteur, où elle a concédé plus de trois dixièmes à la référence.

Ferrari’s Nightmare Gets WORSE After Aston Martin Contact | 6 Hours of Fuji 2026 | FIA WEC

La #50 semblait malgré tout en mesure de sauver un résultat correct. Un problème du système de vérins pneumatiques lors d’un arrêt est d’abord venu lui faire perdre du terrain. Un autre souci technique l’a ensuite définitivement immobilisée.

« C’est notre plus grosse déception, expliquait Giuliano Salvi, responsable des opérations pistes et ingénieur de course en chef. C’est quelque chose qui ne devrait pas arriver. »

Il n’y avait guère de consolation à trouver du côté des deux autres 499P. La #51 n’a pu faire mieux que dixième après avoir écopé d’une pénalité après l’arrivée, tandis que la #83 a terminé 12e.

Ferrari quitte donc Fuji toujours troisième du championnat Constructeurs, mais désormais à 54 points de Toyota alors qu’il ne reste plus que Barcelone et Monza.

Winner – Victor Martins

© FIA WEC / A. Lorenzina (DPPI)

Meilleur tour en course et 130 tours bouclés pour sa première apparition sur le Fuji Speedway, Victor Martins pouvait difficilement faire beaucoup plus.

Pour sa première saison en Endurance, le Français de 25 ans continue de démontrer qu’il n’a pas mis bien longtemps à comprendre le mode d’emploi de la discipline.

Quand la voiture de sécurité s’est effacée, l’intéressé pointait au cinquième rang. L’Aston Martin de Marco Sørensen avalée, la A424 n°35 s’est effacée. Il a ensuite pris le meilleur sur la BMW de Dries Vanthoor. Il ne restait alors plus que Ryō Hirakawa entre lui et la victoire.

Avec des pneus plus frais, Martins est rapidement revenu sur la Toyota. Mais il lui a manqué seulement 0″591 sous le damier. A l’arrivée, bon nombre d’observateurs louaient sa prestation.

Son avenir est forcément lié à celui du programme A424. Si la reprise du projet par Geely venait finalement à ne pas se concrétiser, il en a largement fait assez cette saison pour que d’autres constructeurs se penchent très sérieusement sur son cas.

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