L’arrivée de la catégorie reine de l’Endurance en Asian Le Mans Series ne consistait pas simplement à ajouter une nouvelle classe au championnat. Il fallait aussi trouver le bon équilibre entre l’intérêt des constructeurs, la place des équipes privées et l’identité d’une série qui s’est construite autour de ces dernières.
Concernant la règle de composition des équipages, plutôt que de repartir d’une feuille blanche, les organisateurs ont choisi de s’appuyer sur une formule qui a déjà fait ses preuves.
Comment fonctionnera la catégorie Hypercar en Asian Le Mans Series ?
Le point le plus marquant du règlement est sans nul doute que la catégorie Hypercar sera exclusivement réservée aux équipes privées. Les engagements officiels des constructeurs ne seront pas autorisés.
Autre nouveauté de taille, les pilotes Bronze pourront évoluer en Hypercar, à condition d’avoir préalablement suivi une formation spécifique avant d’être autorisés à prendre le volant.
Il s’agit de l’une des principales différences avec le Championnat du monde d’Endurance, où les pilotes Bronze ne sont pas autorisés à courir en Hypercar et où rien n’indique, à ce stade, que cette politique soit amenée à évoluer.
Enfin, petite précision utile : le champion Hypercar de l’Asian Le Mans Series ne bénéficiera d’aucune invitation automatique pour les 24 Heures du Mans, ce qui est fort logique au vu des règles susmentionnées.
Pourquoi reprendre le modèle du LMP2 Pro/Am ?

Pour sa catégorie Hypercar, l’Asian Le Mans Series a décidé d’appliquer les mêmes règles de composition des équipages que celles actuellement en vigueur en LMP2 Pro/Am.
Chaque équipage devra donc forcément compter un pilote Bronze, tandis qu’il ne pourra proposr qu’un seul pilote Platinum au maximum.
La logique est simple : éviter que la grille ne soit composée uniquement d’équipages entièrement professionnels, tout en garantissant aux équipes privées un rôle central dans le championnat.
Cette formule a déjà largement démontré son efficacité en LMP2 Pro/Am, où l’équilibre sportif et la construction des équipages sont devenus des éléments déterminants de la performance.
Une initiative que nous ne pouvons que saluer. Aujourd’hui, JDC-Miller MotorSports reste la dernière équipe véritablement indépendante engagée en Hypercar/GTP entre le WEC et l’IMSA.
Quelles équipes et quelles voitures pourraient être de la partie ?

Ferrari, Porsche et Peugeot apparaissent aujourd’hui comme les trois constructeurs les plus susceptibles de constituer l’ossature de la future grille Hypercar, puisqu’ils sont les plus enclins à fournir des voitures à des équipes clientes.
Chez Ferrari, François Perrodo, Roberto Lacorte ou encore Luis Pérez Companc présentent tous le profil idéal pour porter de tels programmes.
Proton Competition et Algarve Pro Racing ont également manifesté leur intérêt, tandis que BBM Sport devrait engager des Peugeot 9X8 – très probablement dans leur première version dépourvue d’aileron arrière – pour Krinton Lentoudis notamment.
D’autres pistes mènent à l’éventuel retour de la Vanwall Vandervell 680 ainsi que de l’Isotta Fraschini Tipo 6 LMH-C. Si aucun programme n’a encore été officialisé, l’italienne a récemment repris la piste.
Si ces différents projets venaient à se concrétiser, l’Asian Le Mans Series pourrait donc proposer d’entré une grille de départ fort intéressante.