FIA WEC

Ce qu’il vous faut savoir sur la prolongation de l’accord FIA-ACO jusqu’en 2037

Le Mans 24 Hours 2026 Official picture

Dans la foulée d’une édition mémorable des 6 Heures de Fuji, la FIA et l’ACO ont prolongé de dix ans l’accord qui les lie autour du Championnat du Monde d’Endurance, jusqu’à fin 2037. Une annonce qui met fin aux interrogations apparues ces derniers mois autour de l’avenir de leur collaboration et offre au FIA WEC une visibilité à très long terme.

La FIA, autorité sportive mondiale, et l’Automobile Club de l’Ouest, créateur et organisateur des 24 Heures du Mans, dont la filiale Le Mans Endurance Management assure la promotion du FIA WEC, ont donc choisi de poursuivre leur collaboration.

Une prolongation qui offre au championnat une visibilité sans précédent à l’heure où l’Endurance traverse une période particulièrement faste, avec huit constructeurs actuellement engagés dans la catégorie reine et neuf attendus a minima en 2027 avec les arrivées de Ford et McLaren.

« Le championnat connaît une dynamique exceptionnelle, avec un engagement croissant des constructeurs, des équipes, des partenaires, des médias et des fans à travers le monde », souligne Frédéric Lequien, directeur général du FIA WEC, pour qui cette prolongation offre « un cadre solide pour poursuivre cette croissance ».

Qu’a-t-il été annoncé ?

Associés depuis 2012 dans l’organisation du Championnat du Monde d’Endurance, la FIA et l’ACO ont décidé de poursuivre leur collaboration au-delà de 2027, terme du partenariat actuel signé en 2021, à l’époque où Jean Todt était encore président de la FIA.

L’accord qui lie les deux institutions sera prolongé de dix années supplémentaires à compter de fin 2027, et courra donc jusqu’à fin 2037. Un horizon qui permet à la FIA et à l’ACO de se projeter bien au-delà du prochain bouleversement réglementaire attendu en 2030.

Car cette prolongation ne concerne pas seulement la durée de leur collaboration, puisqu’elle en redéfinirait également certains contours. L’accord prévoit notamment une visibilité sensiblement accrue de la FIA dans le championnat – notamment au parc fermé, sur le podium, les voitures de sécurité et lors des retransmissions – ainsi qu’une volonté affichée des deux parties de développer commercialement leur partenariat. Un système également mis en place par la FIA dans les autres championnats.

FILLON Pierre (fra), President of ACO, portrait, BEN SULAYEM Mohammed (are), President of FIA, portrait during the 24 Hours of Le Mans 2026, 3rd round of the 2026 FIA World Endurance Championship, on June 13, 2026 on the Circuit des 24 Heures du Mans in Le Mans, France - Photo Andrea Lorenzina / DPPI
Mohammed Ben Sulayem (President of the FIA) and Pierre Fillon (President of the ACO) during the 24 Hours of Le Mans 2026 – © FIA WEC / DPPI – Andrea Lorenzina

À partir de 2030, l’accord doit notamment accompagner la mise en place d’un cadre technique Hypercar davantage harmonisé entre le FIA WEC et l’IMSA, avec l’objectif affiché de mieux maîtriser les coûts et de favoriser la participation des constructeurs. Cela passera notamment par une plateforme technique unique. Il doit également fournir un cadre au développement des groupes motopropulseurs à hydrogène en compétition.

Si cette annonce était attendue, l’apposition des signatures sur les documents officiels aura pris davantage de temps qu’annoncé. Possiblement en raison de la durée inhabituellement longue de cette extension. En juin dernier, aux 24 Heures du Mans, Mohammed Ben Sulayem avait évoqué une signature imminente. Plusieurs mois auront finalement été nécessaires pour parvenir à un accord.

« Il ne s’agit pas seulement d’un accord, mais d’une avancée cruciale pour le sport automobile, qui garantira l’avenir du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA pour les années à venir », estime Mohammed Ben Sulayem. Le président de la FIA va jusqu’à qualifier le texte d’« accord du siècle », appelé selon lui à renforcer la collaboration entre les deux institutions.

Imaginer aujourd’hui un Championnat du Monde d’Endurance sans les 24 Heures du Mans paraît difficile. Tout comme il paraît difficile d’imaginer une plateforme aussi puissante que l’Hypercar privée du statut de Championnat du Monde délivré par la FIA.

L’histoire rappelle pourtant que les deux institutions n’ont pas toujours été aussi étroitement liées.

FIA-ACO, comment ça marche ?

Derrière l’accord entre la FIA et l’ACO se cache bien davantage qu’une simple relation entre une fédération et un promoteur. Le WEC repose depuis sa renaissance en 2012 sur une répartition des rôles assez singulière : la FIA lui confère son statut de Championnat du Monde et participe à son encadrement sportif, réglementaire et technique, tandis que l’ACO, propriétaire et organisateur des 24 Heures du Mans, en assure également la promotion par l’intermédiaire de Le Mans Endurance Management.

© FIA WEC / DPPI – Florent Gooden

Le nouvel accord s’inscrit dans cette architecture tout en prévoyant une supervision réglementaire que les deux parties présentent comme renforcée. L’ensemble des processus réglementaires sera supervisé par les groupes de travail de la FIA et sa Commission Endurance, avant approbation finale par le Conseil mondial du sport automobile. La procédure d’homologation est également annoncée comme « rationalisée », FIA et ACO supervisant conjointement l’homologation de toutes les voitures engagées en Hypercar.

Dès les premières années du championnat, Sir Lindsay Owen-Jones, alors président de la Commission Endurance de la FIA, qualifiait ainsi la coopération entre les deux institutions de « base même de l’ensemble du Championnat du Monde d’Endurance ». Il décrivait même la Commission comme le témoin de « l’Entente Cordiale » entre la FIA et l’ACO, estimant que les deux parties devaient « tout faire pour éviter » les ruptures publiques susceptibles de fragiliser d’autres championnats.

Le parallèle n’est pas anodin. Car derrière les interrogations apparues récemment autour du renouvellement de l’accord entre la FIA et l’ACO se posait précisément la question de l’avenir de cette architecture commune. « Nous nous réjouissons de la prolongation de l’accord entre la FIA et l’ACO, qui vient renforcer la solide relation de longue date qui sous-tend le Championnat du Monde d’Endurance de la FIA depuis sa création en 2012. »

Le président de l’ACO évoque un partenariat reposant sur « la confiance, une ambition partagée et un engagement commun pour le développement des courses d’endurance ».

Une « Entente Cordiale » devenue indispensable

Cette organisation ne s’est pourtant pas imposée comme une évidence. Lors du renouvellement des « Accords Le Mans » en 2017, Pierre Fillon le rappelait lui-même : « Lorsque nous avons annoncé ce partenariat en 2011, beaucoup de gens étaient sceptiques ».

Il faut dire que FIA et ACO arrivaient avec leur histoire, leurs prérogatives et leurs intérêts propres. Mais très vite, la coopération devient suffisamment centrale pour que ceux qui en sont les artisans la présentent comme l’une des conditions mêmes de l’existence du nouveau championnat.

FIA President Jean Todt and ACO President Pierre Fillon sign a three-year extension to the cooperation agreement governing the FIA World Endurance Championship at Silverstone on 16 April 2017 - © FIA WEC
FIA President Jean Todt and ACO President Pierre Fillon sign a three-year extension to the cooperation agreement governing the FIA WEC at Silverstone on 16 April 2017 – © FIA WEC

Cette coopération est rapidement mise à l’épreuve. Quelques jours seulement avant la publication de la liste des engagés de la première saison du WEC, Peugeot annonce brutalement l’arrêt de son programme Endurance. Quelques années plus tard, le Dieselgate précipite les retraits successifs d’Audi puis de Porsche, condamnant à terme le LMP1 tel qu’il existait alors.

FIA et ACO choisissent pourtant de poursuivre ensemble. Une « Super Saison » 2018-2019 à cheval sur deux années calendaires accompagne la transition, tandis que se dessinent progressivement les contours de ce qui deviendra la réglementation Hypercar. Une catégorie qui constitue aujourd’hui le socle du spectaculaire renouveau du championnat.

La prolongation jusqu’à fin 2037 vient donc sécuriser pour une décennie supplémentaire un modèle autour duquel l’Endurance s’est considérablement renforcée ces dernières années. Surtout, elle emmène désormais l’alliance FIA-ACO bien au-delà du prochain grand bouleversement réglementaire de la catégorie reine.

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