Cadillac aura-t-il la loi des statistiques de son côté ?
En cinq éditions des 6 Heures de Sao Paulo, la voiture victorieuse s’est toujours élancée depuis la première ligne de la grille de départ. Si l’histoire se répète, Cadillac est donc en passe de s’imposer.
L’hypothèse aurait tout d’une logique. Cadillac a une nouvelle fois monopolisé la première ligne de la grille de départ, comme l’an dernier, même si la n°38 n’avait finalement pas pris le départ depuis la deuxième place après sa pénalité. Une domination qui s’était alors traduite par un doublé des V-Series.R.
« Avec notre nouveau kit aéro, il s’agit d’une voiture très différente, avoue Will Stevens, qui signe sa première pole en WEC. Réussir deux pole positions consécutives et, nous l’espérons, répéter le résultat de demain, montre tout le travail accompli par cette équipe. Malgré une configuration différente, nous avons réussi à en tirer le maximum. Nous commençons à être performants sur des circuits très différents, avec des caractéristiques variées, ce qui est extrêmement encourageant. C’est exactement ce que nous recherchions avec ce nouveau package. »
Au passage, Cadillac a signé sa cinquième pole position en WEC, devenant le troisième constructeur Hypercar à atteindre ce total après Toyota et Ferrari. Il s’agit également de la première pole de la marque qui n’est pas à mettre à l’actif d’Alex Lynn.
Toyota peut-il briser la malédiction ?

La statistique est-elle une forme de mensonge ? C’est ce qu’espèrent Kamui Kobayashi, Mike Conway et Nyck de Vries. Jamais un pilote n’a remporté, la même année, les 24 Heures du Mans et les 6 Heures de Sao Paulo.
Au vu de ce qu’il nous a été donné de voir en Essais Libres et Qualifications, il serait étonnant que ce soit le cas cette année. La TR010 Hybrid n°8, reléguée à 0 »566 du meilleur temps en qualifications, s’élancera depuis la 14e place. La voiture sœur partira trois rangs plus loin après avoir écopé de trois places de pénalité pour avoir gêné la Genesis GMR-001 n°19.
« Les qualifications ont été compliquées, mais nous avons fait tout ce que nous pouvions, soupire Ryo Hirakawa. Mon meilleur tour était propre et nous avons tiré le maximum de notre package. Je pense que nous avons un rythme de course correct, mais la météo reste une grande inconnue. Depuis le début de la saison, nous faisons du bon travail sur le plan stratégique. Il faudra donc être très justes dans ce domaine afin, nous l’espérons, de marquer de gros points. »
Enterrer Toyota Racing serait une erreur. Les 24 Heures du Mans ont rappelé qu’il n’était pas indispensable de partir devant pour gagner : la TR010 Hybrid victorieuse ne s’élançait que depuis la 14e place. Reste qu’il s’agit cette fois d’une course de six heures seulement.
Genesis et Aston Martin peuvent-ils inaugurer leur palmarès ?

La manche brésilienne du WEC a déjà vu trois constructeurs inaugurer leur palmarès dans la catégorie reine : Toyota en 2012, Porsche en 2014 et Cadillac en 2025.
Cette année, trois marques peuvent espérer rejoindre cette liste : Genesis, Aston Martin et Peugeot. Si le dernier cité s’apprête à disputer sa 30e course en WEC, à ce stade, c’est pourtant le nouveau venu coréen qui apparaît comme le candidat le plus crédible.
Sixième en Hyperpole (7e sur la grille en raison d’une pénalité pour avoir gêné la BMW n°20 en qualifications), la GMR-001 n°19 possède le potentiel pour jouer les trouble-fêtes. Reste à savoir si la pluie ne viendra pas révéler les limites d’une voiture qui manque encore de grip mécanique et maîtrise moins bien ses systèmes que ses rivales plus expérimentées.
Aston Martin a également de quoi nourrir quelques ambitions après la qualification de la Valkyrie n°007 en Hyperpole. Sur le papier, toutefois, la firme britannique semble encore manquer du rythme nécessaire pour rivaliser avec les ténors de la catégorie.
La pluie va-t-elle rebattre les cartes ?

Depuis le début de la semaine, la météo est au cœur de toutes les discussions. Les équipes s’attendaient à disputer les Essais Libres et les Qualifications sur le sec avant que la pluie ne vienne bouleverser la course, rendant une partie des données récoltées vendredi et samedi presque obsolètes.
Ce scénario reste le plus probable, même si les dernières prévisions se montrent moins pessimistes. Au moment où nous écrivons ces lignes, le risque de pluie est estimé à près de 70 % au départ avant de retomber aux alentours de 25 % à l’arrivée.
« Toute la semaine, les prévisions annonçaient de fortes pluies cette nuit ainsi que demain, souligne Will Stevens. Finalement, la situation semble s’améliorer. Il paraît désormais plus probable que la pluie arrive en fin de course. Mais, comme nous l’avons vu au fil des années à Sao Paulo, il peut pleuvoir à n’importe quel moment. Je serais très surpris que nous disputions une course entièrement sur le sec. »
Michelin pourrait ainsi étrenner pour la première fois en course ses pneus pluie retaillés, conçus pour évacuer davantage d’eau en cas de fortes précipitations. Reste que personne ou presque n’a eu l’occasion de les tester dans ces conditions. Plus que jamais, l’incertitude s’annonce comme l’un des principaux ingrédients de cette quatrième manche.
Quatrième vainqueur en quatre courses en LMGT3 ?

Après BMW à Imola, McLaren à Spa et Corvette aux 24 Heures du Mans, assistera-t-on au succès d’un quatrième constructeur différent en autant de courses cette saison ? L’hypothèse est loin d’être farfelue puisque Aston Martin, Mercedes et Lexus ont signé les trois meilleurs chronos de l’Hyperpole.
Pour Lexus, une victoire à Sao Paulo aurait une saveur particulière. Elle permettrait de faire taire ceux qui continuent d’attribuer le succès de la RC F LMGT3 l’an passé à la seule arrivée des gommes dures au Brésil… des pneus qui ont, depuis, curieusement disparu de l’équation.
Ferrari, de son côté, peine à convaincre. La dernière victoire de la firme au Cheval cabré en GT en WEC remonte aux 6 Heures de Spa 2025, et rien n’indique, jusqu’à présent, que la 296 LMGT3 dispose du rythme nécessaire pour jouer la victoire à la régulière. Et pour cause, la plus rapide d’entre elles a été reléguée à plus d’une seconde de la marque de référence en qualifications.
Pourtant, avec 40 points, Vista AF Corse #21 reste le plus proche poursuivant de TF Sport au championnat. Mais les 32 longueurs d’avance de la structure de Tom Ferrier lui assurent de conserver les commandes du classement LMGT3 au terme du week-end, quel que soit le résultat de la course.