IMSA

Cinq raisons de suivre les Six Heures du Glen

Demain se disputent, dans l’État de New York, les Six Heures du Glen, sixième manche de la saison IMSA et troisième rendez-vous de l’Endurance Cup après les 24 Heures de Daytona et les 12 Heures de Sebring.

Sur le Watkins Glen International, l’un des circuits les plus mythiques d’Amérique du Nord, cette édition présente plusieurs enjeux majeurs. En voici cinq.

JDC-Miller peut-il conserver l’avantage sur Porsche Penske ?

En s’imposant à Laguna Seca, JDC-Miller MotorSports a réalisé un véritable tour de force. Première équipe privée à remporter une course à l’ère Hypercar / GTP, la structure du Minnesota a également permis à Laurin Heinrich – vainqueur des 24 H. de Daytona et des 12 H. de Sebring sur la 963 n°7 officielle – de prendre la tête du championnat devant… les pilotes permanents du Porsche Penske Motorsport.

Une situation pour le moins ubuesque, mais que le constructeur allemand semble parfaitement assumer. Porsche a même accepté de modifier le programme de sa pépite de 24 ans afin de maximiser ses chances de décrocher le titre en IMSA.

« À l’origine, je devais disputer les 24 Heures de Spa, explique Laurin Heinrich. Merci à Porsche Motorsport et à Schumacher CLRT de m’avoir permis de courir finalement avec JDC-Miller MotorSports. J’espère que cela me permettra de rester dans la course au titre. »

Pour rappel, la Porsche 963 engagée par JDC-Miller MotorSports évolue toujours dans sa configuration 2025. Elle bénéficie ainsi d’une Balance de Performance plus favorable que les modèles 2026 alignés par Porsche Penske Motorsport, avec notamment un avantage de 15 kg et une puissance supérieure.

Heinrich devra toutefois composer avec deux équipiers moins saignants : Tijmen van der Helm et Kaylen Frederick. Un duel finalement particulièrement intéressant.

Cadillac poursuivra-t-il sur sa lancée ?

© IMSA

La V-Series.R est-elle devenue la référence du plateau ? Difficile de l’affirmer tant la Porsche 963 est pénalisée par une BoP très défavorable suite à son excellent début de saison.

Une chose est en revanche certaine : aucune autre voiture n’affiche une telle régularité. Plus précisément, c’est la n°31 du Action Express Racing qui impressionne, bien davantage que les deux voitures engagées par Wayne Taylor Racing.

Jack Aitken, seul pilote engagé à temps plein sur cette voiture, est monté sur le podium à chaque manche depuis le début de la saison. Sa victoire à Détroit, obtenue au côté d’Earl Bamber, lui a permis de prendre les commandes du championnat Pilotes, tandis que Cadillac et AXR mènent également les classements Constructeurs et Équipes.

Cette dynamique s’est prolongée aux 24 Heures du Mans, où la V-Series.R a confirmé son excellent niveau de performance. Jack Aitken y a signé en Hyperpole 2 le meilleur tour absolu de toute la semaine pour la deuxième année consécutive.

Même si la victoire lui a échappé dans la Sarthe, Cadillac semble aujourd’hui avoir atteint une maturité qui lui permet d’être performante sur tous les types de circuits. Et la n°31 possède assurément les armes pour empêcher Porsche Penske Motorsport de décrocher un troisième titre consécutif.

La BoP va-t-elle avoir raison de Porsche Penske ?

© Porsche

Après avoir dominé les 24 H. de Daytona puis les 12 H. de Sebring, Porsche Penske Motorsport a payé cher son excellent début de saison avec une BoP ô combien restrictive. A Détroit, les 963 culminaient à 1100 kg, soit 69 kg de plus que les BMW !

Course après course, la Balance of Performance s’assouplit progressivement. Les Porsche 963 récupèrent notamment 27 kg par rapport à Détroit. Malgré cela, elles demeurent les GTP les plus lourdes du plateau, avec un handicap de 28 kg face à l’Acura, 43 kg face à la BMW et 41 kg face à la Cadillac.

Pour Thomas Laudenbach, vice-président de Porsche Motorsport, Watkins Glen pourrait néanmoins offrir un contexte plus favorable.

« Nous avons dû nous battre lors des trois dernières manches sprint de l’IMSA, reconnaît-il. Nous avons perdu la tête du championnat et nous voulons désormais la récupérer. Les courses d’endurance permettent à Porsche Penske Motorsport d’exprimer pleinement son potentiel. Si nous réalisons une course solide, je pense que nous serons en mesure de lutter pour le podium, voire pour la victoire. »

Le dernier podium de Porsche Penske Motorsport remonte au Grand Prix de Long Beach, disputé à la mi-avril. Au vu de la BoP actuelle, mettre fin à cette disette dès ce week-end relèverait presque de l’exploit.

Manthey va-t-il pâtir du conflit de dates avec les 24 Heures de Spa ?

© IMSA

La liste des engagés présente plusieurs changements en raison du conflit de dates avec les 24 Heures de Spa-Francorchamps, manche-phare de l’Intercontinental GT Challenge.

Manthey a ainsi revu en partie ses équipages. Sur la Porsche 911 GT3 R n°911 engagée en GTD Pro, Michael Christensen et Loek Hartog rejoignent Klaus Bachler. Pour rappel, à Daytona et Sebring, l’Autrichien avait fait cause commune avec Ricardo Feller et Thomas Preining.

Reste que Christensen est en manque de compétition. En dehors d’une participation aux 24 Heures du Nürburgring, le Danois de 35 ans n’a plus disputé la moindre course depuis Petit Le Mans, en octobre dernier. Conservé par Porsche cet hiver mais écarté du programme 963, il devra prouver rapidement qu’il n’a rien perdu de son coup de volant malgré son manque de compétition.

L’enjeu est d’autant plus important que, après les deux premières manches de l’Endurance Cup, Manthey occupe la deuxième place du championnat, à seulement six points de Paul Miller Racing (BMW).

Un équipage à trois sera-t-il un avantage ?

Trio ou duo ? En raison du conflit de calendrier avec les 24 Heures de Spa, plusieurs constructeurs n’ont pas eu d’autre choix que de se présenter avec seulement deux pilotes par voiture. Une solution qui permet à chacun de passer davantage de temps au volant durant les essais libres.

© IMSA

Mais Watkins Glen est un circuit à part. Avec ses 5,47 kilomètres, ses 11 virages et sa chicane du Bus Stop, le tracé américain est l’un des plus rapides de toute la saison IMSA. Seul Daytona offre une vitesse moyenne supérieure aux GTP.

Cette vitesse s’accompagne d’une exigence physique exceptionnelle.

« Watkins Glen est probablement la course la plus exigeante physiquement de l’année, estime Philipp Eng, qui partage la BMW M Hybrid V8 n°25 avec Marco Wittmann. Les forces latérales y sont énormes et l’on passe quasiment tout son temps dans des courbes rapides. C’est un défi aussi bien physique que mental. C’est l’un des plus beaux circuits du calendrier, mais aussi l’un des plus difficiles. »

La tâche est rendue encore plus complexe par le trafic. Avec 54 voitures attendues au départ, cette manche de l’Endurance Cup réunit l’un des plus gros plateaux de la saison, exigeant une concentration permanente.

« Les contraintes sur la nuque sont largement supérieures à ce que l’on rencontre ailleurs dans la saison, confirme Dane Cameron, pilote de l’Oreca 07 n°99 AO Racing. Pendant un week-end, on a presque l’impression de piloter une Formule 1. L’engagement demandé est énorme et il n’y a pratiquement aucun moment pour souffler. »

© Porsche

Enfin, il y a la fatigue. Depuis plusieurs saisons, Watkins Glen est programmé peu de temps après les 24 Heures du Mans. Pour les pilotes engagés des deux côtés de l’Atlantique, le mois de juin est particulièrement chargé, avec Detroit, Le Mans puis Watkins Glen qui s’enchaînent à un rythme effréné.

Le décalage de deux semaines entre la Sarthe et Watkins Glen cette année a d’ailleurs été accueilli avec soulagement, les deux courses s’étant disputées sur deux week-ends consécutifs en 2024 et 2025.

Pour l’anecdote, seules trois GTP sur onze seront confiées à des équipages de trois pilotes : la Porsche n°5, la Cadillac n°31 et l’Acura n°93. En GTD Pro, la Porsche Manthey n°911 sera la seule voiture de la catégorie à adopter cette configuration.



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