Les premiers éléments de réponse sont peut-être déjà apparus dès la première séance d’essais libres, hier. Les Acura ARX-06 du Meyer Shank Racing ont frappé fort en s’adjugeant les deux meilleurs temps. La plus rapide des Cadillac pointe à 1 »231, juste devant la Porsche 963 version 2025 du JDC-Miller Motorsports.
BMW M Team WRT et Porsche Penske Motorsport ont, de leur côté, respectivement concédé 1 »380 et 1 »587 à la référence du jour.
Avant que le drapeau vert ne soit agité, voici cinq grandes questions qui entourent cette édition 2026 de l’IMSA SportsCar Race.
Porsche Penske Motorsport va-t-il faire honneur à son passé ?

Depuis ses succès aux 24 Heures de Daytona puis aux 12 Heures de Sebring, Porsche Penske Motorsport n’a signé qu’un seul podium en quatre courses. Cette période de disette prendra-t-elle fin ce dimanche ?
Rien n’est moins sûr. Comme lors des quatre manches précédentes, la Balance de Performance n’est guère favorable à la Porsche 963. Dans sa version 2026, la LMDh allemande embarque respectivement 13, 21 et 36 kg de plus que les Cadillac, Acura et BMW, tout en disposant d’une puissance inférieure.
« La course de Road America se disputera pour la première fois sur six heures, rappelle Felipe Nasr. Les courses d’Endurance constituent notre point fort. Nous voulons réduire l’écart avec les leaders du championnat et, si possible, retrouver la plus haute marche du podium. »
Un succès serait d’autant plus symbolique que Porsche et Team Penske rendent hommage ce week-end à leur histoire commune à travers deux livrées inédites. La n°6 reprend les couleurs de la mythique 917/30 de 1973, tandis que la n°7 s’inspire de la RS Spyder des années 2000.
BMW M Team WRT va-t-il enfin tisser sa toile ?

Après trois podiums consécutifs – dont deux victoires – en WEC, BMW M Team WRT semble avoir trouvé son rythme de croisière sur la scène mondiale. En IMSA, en revanche, l’association germano-belge est toujours en quête d’un premier succès.
En a-t-elle déjà le potentiel alors qu’il s’agit de sa première saison outre-Atlantique ? « Sans nul doute », nous a répondu Adam Hardy, LMDh Lead Engineer de BMW M Team WRT.
Le hasard fait parfois bien les choses. C’est justement à Road America que la M Hybrid V8 a décroché son unique victoire en IMSA la saison dernière.
Comme un clin d’œil supplémentaire, la n°24 arbore ce week-end une livrée spéciale à l’effigie de Spider-Man: Brand New Day, à l’occasion de la sortie du nouveau film consacré au célèbre super-héros de Marvel.
Cadillac, un pas de plus vers le titre ?

Six podiums en six courses cette saison, auxquels s’ajoutent les deux décrochés lors des deux dernières manches de 2025 : la Cadillac n°31 reste sur une impressionnante série de huit podiums consécutifs en GTP.
Une régularité qui fait aujourd’hui de Jack Aitken le grand favori pour le titre, lui qui est le seul pilote engagé sur l’intégralité de la saison au volant de cette auto. Le Britannique sera épaulé ce week-end par Earl Bamber et Frederik Vesti, comme c’est le cas sur toutes les manches de l’Endurance Cup.
L’avance est telle que même un abandon dès le premier tour ne remettrait pas en cause son leadership au championnat Pilotes, pas plus que celui d’Action Express Racing chez les Équipes.
Avec seulement deux manches à disputer après Road America, cette course pourrait toutefois marquer un tournant. Si les rivaux de Cadillac veulent encore croire au titre, il leur faudra impérativement enrayer la dynamique de la n°31.
Robert Wickens de retour en Michelin Endurance Cup

Appelé au dernier moment par DXDT Racing pour remplacer Salih Yoluc, contraint de déclarer forfait en raison d’une urgence familiale, Robert Wickens partagera la Corvette Z06 GT3.R n°36 avec Charlie Eastwood et Mason Filipi en catégorie GTD.
Après avoir disputé les manches sprint de Long Beach et Mosport cette saison, le Canadien retrouve une épreuve de la Michelin Endurance Cup pour la première fois depuis les 24 Heures de Daytona 2017.
À l’époque, rien ne laissait encore présager l’accident dont il serait victime un an plus tard à Pocono, en IndyCar, et qui le laisserait paraplégique. Depuis, Wickens a développé un système de commandes manuelles lui permettant de poursuivre sa carrière au plus haut niveau.
Une nouvelle étape dans un parcours remarquable pour le Canadien. Et surtout une belle opportunité pour l’ex-star de la monoplace, qui n’a jamais caché son ambition de disputer à terme une saison IMSA complète.
Road America renoue avec son histoire
Pour son 70e anniversaire, Road America retrouve un format profondément ancré dans son histoire.
Lorsque le circuit du Wisconsin accueillit, en septembre 1956, l’une de ses premières grandes compétitions, le Road America National Endurathon, l’épreuve principale était déjà disputée sur six heures.
Remportée par John Kilbourn et Howard Hively sur Ferrari 375 MM, elle inspira dès l’année suivante la création du mythique Road America 500, présenté comme le premier 500 Miles de l’histoire des courses de voitures de sport. Organisée jusqu’en 1968, l’épreuve renaquit en 1979 sous la bannière IMSA Camel GT avant de voir son format évoluer au fil des décennies.
« Ce n’est un secret pour personne : j’ai une affection toute particulière pour Road America. Lorsque j’étais enfant, on y disputait une course de 500 Miles depuis des décennies, rappelait le président de l’IMSA, John Doonan, lors de la présentation du calendrier 2026.
« Ce changement apporte de la nouveauté et de l’enthousiasme aux spectateurs, tout en témoignant de la formidable flexibilité de nos promoteurs, qui ont accepté de faire évoluer les choses. »
« Road America dispose des infrastructures nécessaires et j’espère que cette course de six heures attirera encore davantage de monde, comme c’est déjà le cas depuis plusieurs années. »
Jusqu’à présent limitée à 2h40 depuis son retour au calendrier IMSA en 2014, l’épreuve intègre pour la première fois la Michelin Endurance Cup avec un format porté à six heures. Il s’agira de la plus longue course organisée à Road America depuis 2002.